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Snowboard de randonnée : pourquoi le splitboard est la seule option viable pour gravir les sommets

Élise Drouot-Vernay 5 min de lecture
Splitboard snow de rando ouvert avec peaux de phoque et couteaux de montée

Le snowboard de randonnée, plus connu sous le nom de splitboard, marque une rupture avec le freeride traditionnel pratiqué en station. Si l’attrait des grands espaces vierges et de la poudreuse intacte est universel, la manière d’y accéder reste le défi majeur pour les snowboardeurs. Oubliez les remontées mécaniques et la frustration des zones déjà tracées : la randonnée à snowboard offre une liberté totale, à condition de maîtriser les outils nécessaires pour transformer votre planche en véritable machine d’ascension.

Comprendre le snowboard de randonnée et le concept du splitboard

Contrairement au ski de randonnée qui a bénéficié d’une évolution technologique continue, le snowboard a longtemps peiné à trouver une solution efficace pour la montée. Le splitboard est une planche conçue pour être sectionnée en deux parties dans le sens de la longueur. Cette prouesse technique permet de transformer votre snowboard en deux skis indépendants, équipés de peaux de phoque, pour gravir les pentes avec une efficacité proche de celle des skieurs.

Le snowboard classique, lorsqu’il est porté sur le dos, constitue un poids mort déséquilibrant et une contrainte physique majeure lors des dénivelés importants. Le splitboard, en revanche, permet de glisser sur la neige à la montée. Cette efficacité énergétique change radicalement la donne : vous économisez vos forces pour la descente, qui demeure l’objectif ultime de votre sortie. Une fois arrivé au sommet, l’assemblage de la planche se fait en quelques minutes grâce à des clips de verrouillage robustes, vous redonnant ainsi la sensation d’une planche rigide et performante.

Les trois méthodes pour gravir les sommets

Il existe plusieurs approches pour pratiquer le snowboard en dehors des sentiers battus, mais toutes ne se valent pas en termes de confort et de sécurité. La méthode la plus rudimentaire consiste à utiliser des raquettes tout en portant son snowboard sur le dos. C’est l’option la plus économique pour débuter, mais elle est rapidement limitée. Le poids sur le dos fatigue le pratiquant, et les raquettes offrent une accroche médiocre sur neige dure ou en dévers, rendant les ascensions longues particulièrement pénibles.

Une seconde approche repose sur les systèmes hybrides. Certains dispositifs permettent de monter avec le snowboard aux pieds mais sans le diviser, ou avec des fixations à débattement. Ces solutions restent souvent du bricolage technique, offrant une glisse limitée et une maniabilité réduite lors de la montée. Elles ne permettent pas de retrouver la fluidité du ski de randonnée et imposent des contraintes mécaniques qui nuisent à la progression.

Le splitboard s’impose comme le système de référence. Il offre un rendement optimal, une accroche réelle grâce aux carres internes des deux skis de montée, et une descente identique à celle d’un snowboard classique. C’est aujourd’hui la seule méthode permettant de parcourir de longues distances avec une dépense énergétique maîtrisée.

Le matériel indispensable pour le splitboard

Se lancer dans cette pratique nécessite un investissement matériel spécifique, car chaque composant joue un rôle dans votre progression et votre sécurité. Au-delà de la planche elle-même, vous aurez besoin de fixations spécifiques. Elles sont conçues pour pivoter à la montée et se verrouiller à la descente, offrant la rigidité indispensable pour transmettre l’énergie du rider à la planche.

Les peaux de phoque sont indispensables pour l’adhérence à la montée. Le choix entre le mohair, qui favorise la glisse, et le synthétique, qui privilégie la durabilité, dépendra de vos conditions de sortie et de la fréquence d’utilisation. Pour les passages délicats, les couteaux ou crampons de montée se fixent sous les fixations pour mordre dans la neige glacée lorsque les peaux ne suffisent plus. Enfin, les bâtons télescopiques sont essentiels pour l’équilibre et la propulsion. Ils doivent être repliables pour être rangés dans le sac lors de la descente, afin de ne pas gêner vos mouvements.

Choisir son équipement : taille, flex et sécurité

Le choix de votre setup ne se résume pas à la longueur de la planche. Il repose sur un socle technique où chaque élément communique avec l’autre : la rigidité de vos boots doit être en adéquation avec le flex de votre splitboard pour garantir une transmission d’énergie optimale. Sans cette cohérence, vous perdrez en précision lors des traversées en dévers, ce qui peut transformer une sortie plaisir en une épreuve physique épuisante.

Pour choisir votre splitboard, prenez en compte votre poids et votre niveau technique. Une planche trop souple sera instable dans les neiges difficiles, tandis qu’une planche trop rigide sera exigeante physiquement. Privilégiez un shape directionnel, qui facilite le déjaugeage en poudreuse et offre un meilleur comportement en courbe. Pensez également au poids total de votre setup : chaque gramme compte lors d’une ascension de plusieurs heures. Un équipement léger réduit la fatigue et augmente votre autonomie en montagne.

Bien débuter en splitboard : transitions et sécurité

La transition entre le mode montée et le mode descente est un moment qui nécessite de l’entraînement. Il est conseillé de répéter ces manipulations chez soi, au chaud, jusqu’à ce que les gestes deviennent automatiques. En montagne, la rapidité de conversion est un atout majeur pour éviter de se refroidir ou de se retrouver pris dans une météo changeante. Une bonne maîtrise des clips et du positionnement des peaux permet de gagner un temps précieux.

Le snowboard de randonnée vous expose aux risques inhérents à la haute montagne, notamment les avalanches. Il est impératif de ne jamais partir seul et de toujours emporter avec soi le triptyque de sécurité. Le DVA (Détecteur de Victimes d’Avalanche), porté sur soi, permet de localiser ou d’être localisé en cas d’accident. La pelle est indispensable pour dégager une victime ou tester la neige, tandis que la sonde permet de localiser précisément la profondeur d’une victime sous une avalanche. La pratique du splitboard est une aventure humaine autant que sportive. Elle demande de l’humilité face à la montagne et une formation continue sur les conditions nivologiques. En respectant ces bases, vous ouvrirez la porte à des expériences loin des foules des remontées mécaniques.

Élise Drouot-Vernay

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