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Lac de Schiessrothried : 930 m d’altitude et trois itinéraires à pied

Élise Drouot-Vernay 7 min de lecture
lac de schiessrothried : sentier humide et lac à 930 m

Le lac de Schiessrothried se trouve sur le versant alsacien des Vosges, au pied du Hohneck, sur le territoire de Metzeral dans le Haut-Rhin. À 930 mètres d’altitude, ce petit lac de montagne est accessible uniquement à pied. Il attire les randonneurs qui souhaitent rejoindre le Gaschney, la Wormsa ou les crêtes du Hohneck, mais aussi les visiteurs intéressés par un paysage glaciaire marqué par l’histoire industrielle de la vallée.

Un lac glaciaire façonné par l’histoire industrielle des Vosges

Le Schiessrothried occupe une cuvette issue du modelé glaciaire. À l’origine, le site était une tourbière surcreusée, installée dans un environnement humide et boisé. Un barrage, aujourd’hui très discret dans le paysage, a retenu l’eau et transformé cette dépression en lac.

Localisation du lac de Schiessrothried

Cette retenue n’a pas été aménagée uniquement pour l’agrément. À la fin du XIXe siècle, elle participait à la régulation des eaux utilisées par les activités industrielles de la vallée, notamment les usines textiles et les scieries. Le lac possède donc une double identité : il s’inscrit dans un relief hérité des glaciers et dans l’histoire économique des Vosges.

De la tourbière à la Fecht

L’eau du lac s’écoule vers le Wormsabachrunz, puis rejoint la Fecht. Cette continuité hydrologique explique pourquoi la maîtrise des débits a longtemps compté dans ce secteur. Les abords associent sols gorgés d’eau, ruisselets et végétation dense. Ces milieux restent fragiles et supportent mal le piétinement hors des sentiers.

Le Schiessrothried se découvre aussi selon le relief qui l’entoure. Aucune route ni aucun parking ne permet d’arriver directement au bord de l’eau. Le lac apparaît après une progression à travers les pentes, les sous-bois et les passages humides. Cette arrivée progressive permet de mieux comprendre le bassin versant, l’alimentation du lac et la relation entre les crêtes qui le dominent et les eaux qui s’y rassemblent.

Repères essentiels avant de partir

Le lac est de taille modeste, mais son cadre montagnard et sa position au pied du Hohneck donnent une impression de retrait. Les données ci-dessous permettent de situer le site et de choisir une randonnée adaptée à la distance comme au dénivelé.

Découvrir le lac du Schiessrothried et ses itinéraires de randonnée | La fiche touristique officielle présente le lac du Schiessrothried, son cadre naturel à 930 mètres d’altitude et les randonnées du GR5.

Repère Information
Localisation Metzeral, vallée de Munster, Haut-Rhin
Altitude 930 mètres
Superficie 5,6 hectares
Longueur Environ 400 mètres
Largeur Environ 250 mètres
Profondeur Environ 11 mètres, jusqu’à 12 mètres selon les relevés
Volume estimé 150 000 m³
Accès Exclusivement à pied, par des sentiers balisés

Le lac se situe à environ 5 km au sud-ouest du Gaschney. Il prend place entre les reliefs des Spitzekoepfe et les pentes du Hohneck. Le dénivelé varie selon le point de départ retenu. La distance mesurée sur une carte ne suffit donc pas à estimer le temps de marche : les pentes, les pierres, les racines et l’état du sol peuvent ralentir la progression.

Rejoindre le lac de Schiessrothried à pied

Aucune route ne mène directement aux rives du lac. L’accès s’effectue par des sentiers balisés, associés au réseau local de randonnée et, selon les secteurs, aux itinéraires du Club vosgien. Des chaussures avec une bonne adhérence sont recommandées, surtout après la pluie ou lorsque les feuilles recouvrent les pierres et les racines.

Depuis le Gaschney : l’option la plus directe

Le Gaschney est un point de départ fréquent. Il faut compter environ 1 h 30 de marche pour rejoindre le Schiessrothried. Cette approche convient à une sortie de quelques heures, avec une pause au bord de l’eau avant un retour par le même chemin. Elle peut aussi s’intégrer à un itinéraire qui se poursuit vers les hauteurs.

Cette durée reste indicative. Elle dépend du dénivelé, de l’état du terrain, des pauses et de l’habitude de la marche en montagne. Même sur un itinéraire court, les passages humides et les portions caillouteuses peuvent rendre la progression plus lente.

Depuis le Hohneck ou la Wormsa : une randonnée plus engagée

Depuis le Hohneck, situé à 1 363 mètres d’altitude, le lac est accessible en environ 2 heures. Le parcours traverse un environnement plus ouvert et plus exposé, où les conditions météorologiques peuvent changer rapidement. La différence d’altitude avec le lac doit être prise en compte, surtout lorsque le vent, le brouillard ou la pluie s’installe sur les crêtes.

Depuis la Wormsa, il faut envisager environ 4 heures de marche. Cette approche se prête davantage à une journée complète et demande de prévoir l’aller comme le retour. Le temps disponible, la météo et l’état du sentier doivent être évalués avant le départ.

  • Consultez la météo et renoncez en cas d’orage, de brouillard dense ou de vents forts sur les crêtes.
  • Emportez de l’eau, une protection contre le froid et un encas, même pour un itinéraire annoncé comme court.
  • Suivez les balises et évitez les raccourcis dans les zones humides ou les pentes érodées.
  • Gardez une marge pour le retour, car la lumière baisse rapidement sous couvert forestier.

Construire sa randonnée autour du lac

Le Schiessrothried peut être une destination en soi, une halte sur un itinéraire de crête ou une étape dans un circuit plus long. Le choix dépend surtout du dénivelé accepté, de la météo et de l’aisance sur des sentiers parfois caillouteux. La présence de plusieurs points d’intérêt permet d’adapter la sortie sans réduire le lac à une simple promenade autour de ses rives.

Vers le Hohneck par les sentiers de crête

Une randonnée aller-retour entre le lac et le Hohneck représente environ 10 km. Elle fait passer de l’ambiance ombragée des bois aux espaces plus dégagés des hauteurs. Les changements de végétation, les vues vers les vallées et la proximité du couloir du Wormspel donnent un intérêt particulier au parcours.

Cette option s’adresse à des marcheurs déjà à l’aise avec le dénivelé. Le terrain et l’exposition des crêtes peuvent modifier sensiblement les conditions de marche. Il vaut mieux conserver du temps pour le retour et ne pas se fier uniquement à la distance totale annoncée.

Associer le Schiessrothried au lac de Fischboedlé

Le lac de Fischboedlé se trouve à environ 2 km. Le relier au Schiessrothried permet de composer une sortie consacrée aux lacs vosgiens, avec deux ambiances différentes. Pour les randonneurs expérimentés, un circuit des lacs peut atteindre environ 15 km.

La boucle choisie doit être préparée avec précision plutôt qu’improvisée sur place. Les bifurcations peuvent être moins évidentes lorsque la visibilité diminue, notamment sous la pluie, dans le brouillard ou en fin de journée. Une carte détaillée reste utile, même sur un itinéraire balisé.

Le GR5 traverse également le massif et offre des possibilités de continuité vers d’autres étapes vosgiennes. Sa présence ne transforme pas chaque parcours en balade facile. Le balisage indique une direction, mais ne remplace ni une carte, ni une estimation réaliste de la distance, du dénivelé et de ses propres capacités.

Profiter du site sans fragiliser son équilibre

Le lac de Schiessrothried doit son attrait à son calme, à son cadre boisé et à son accès moins immédiat que celui d’autres sites touristiques. Cette tranquillité repose sur des comportements simples. Les rives, les tourbières voisines et les écoulements sont des milieux vulnérables. Rester sur les cheminements existants limite l’érosion et protège la végétation.

La belle saison facilite généralement la marche et l’observation du paysage. L’automne apporte des couleurs marquées, mais les sentiers deviennent souvent plus glissants. En hiver, la neige, la glace et le brouillard changent profondément les conditions. L’itinéraire doit alors être considéré comme une sortie de montagne, avec un équipement et une expérience adaptés.

Une halte discrète permet de profiter du lieu sans le dégrader : ne laissez aucun déchet, limitez le bruit et gardez vos distances avec la faune. Le lac n’est pas aménagé pour la baignade ni pour les loisirs nautiques. Son intérêt tient à la randonnée, à l’observation et à la lecture d’un paysage où le relief glaciaire, l’eau et l’histoire humaine restent liés.

Élise Drouot-Vernay

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